Le crudivorisme (ou comment placer un mot à 100 $ dans une conversation du temps des Fêtes)
0 comments 22 décembre 2009
par Catherine Lavoie
Vous avez dit cru-quoi ? Le crudivorisme (qui englobe l’alimentation vivante; voir l’article précédent) est une pratique alimentaire qui privilégie la consommation de nourriture non cuite. Mais est-ce réellement une nouvelle mode (popularisée au Québec par Julie Snyder) ou plutôt une tendance sortie des « boules-à-mites »?
Eh bien, c’est grâce à la traduction de l’Évangile de paix des Esséniens, ancienne secte juive, au début du siècle dernier que l’on a appris que l’alimentation vivante était pratiquée… depuis plus de 2 000 ans! En effet, les membres de la secte, dit-on, pouvaient vivre jusqu’à 120 ans. Ce sont toutefois les fondateurs de l’Institut de santé Hippocrate, Ann Wigmore et Viktoras Kulvinkas, qui ont popularisé ce type de régime. Alors tous ceux qui croyaient que Julie Snyder était innovatrice sur le plan crudités, détrompez-vous!
En fait, l’alimentation vivante est un mode de vie qui se rattache à un mouvement plus vaste, le crudivorisme, qui comprend plusieurs sous-groupes : les granivores (qui consomment surtout des graines), les frugivores (qui mangent surtout des fruits), les instinctos (qui consomment divers aliments, y compris des produits animaux, sans les mélanger), les liquidariens (qui boivent presque uniquement des jus) et les adeptes de l’« écologie alimentaire » (qui mangent tout cru, même la viande et les insectes!). Les objectifs de ce régime alimentaire sont simples : favoriser l’élimination des déchets accumulés dans l’organisme, prévenir ou guérir certaines maladies et faire de vieux os… en bonne santé.
Certains mécanismes d’action du crudivorisme ont été démontrés, alors que d’autres ne constituent pour l’instant que des allégations. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce régime comporte des avantages, les principaux étant la consommation élevée d’antioxydants et de fibres alimentaires ainsi que la perte de poids. En revanche, le choix des aliments est très restreint, ce qui peut occasionner des carences (en vitamine B12, par exemple) et rendre le régime difficile à suivre. N’oublions pas que la documentation existante sur le sujet demeure limitée. Ainsi, de nombreuses recherches seraient requises pour nous aider à prendre une décision éclairée en matière d’alimentation… qu’elle soit vivante… ou morte!
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